Jérémie - AMS 68

Une année sur l'île d'Amsterdam

Arrivée à Crozet

Je suis arrivé vers neuf heures à la Réunion après onze heures d’avion. L’air est étouffant, il fait chaud et humide. Un bus amène tout le monde au port, où nous attend le Marion Dufresne. La clé de la cabine nous est remise contre notre passeport. La mienne se situe au pont C, premier pont habité du bateau, non loin de la ligne d’eau.

Le Marion Dufresne, juste avant le départ Le Marion Dufresne, juste avant le départ

Le départ, initialement prévu à 17h, est avancé à 15h30. Aucun problème pour sortir du port, par contre les choses se gâtent lors du repas. Une dépression vient nous rendre visite, amenant des creux de 4 mètres. Certains ne verront pas la couleur du plateau de fromages…

Après une bonne nuit, le roulis du bateau a tendance à bercer, et un bon petit déjeuner, je me rends au-dessus de la passerelle pour prendre l’air. Il fait plutôt bon, mais le vent est toujours bien présent. La mer me semble un peu plus calme qu’hier soir. Les barrières collent à cause du sel apporté par les embruns pendant la nuit. On est vraiment parti, plus aucune terre à l’horizon.

Pendant le voyage... Pendant le voyage...

Petit à petit, nous descendons vers le sud. La température baisse, la pression atmosphérique aussi, la pluie fait son apparition et l’océan est de plus en plus agité. Les premiers albatros pointent le bout du nez, leur taille est impressionnante. L’un d’eux passera entre nous le coucher de soleil, à hauteur de coursive, nous offrant un spectacle magnifique.

Albatros Albatros

Levé à 5h le matin du 9 novembre, je tombe nez à nez avec l’île de la Possession, comme un caillou posé au milieu de nulle part. Nous sommes au niveau de pointe Basse, pour ravitailler le refuge qui s’y trouve. L’hélicoptère ne volera pas à cause des mauvaises conditions météo. Le vent est extrêmement fort et siffle sur les vitres froides de la passerelle, la brume est présente sur une grande partie de l’île.

Levé du soleil sur l'île de la Possession Levé du soleil sur l'île de la Possession

L’hélicoptère finira par décoller en début d’après-midi, en commençant par décharger le courrier, les nouveaux hivernants et du matériel. Impossible de nous faire descendre… C’est assez frustrant de rester toute la journée face à l’île, confiné sur le bateau, sans pouvoir débarquer.

L'hélicoptère en vol L'hélicoptère en vol

Manchot dans l'eau Manchot dans l'eau

J’ai eu la chance de trouver mon nom sur le tableau de débarquement le lendemain, je pars sur Crozet !! Une fois à terre, on se rend sans attendre à la baie du Marin où se trouve la manchotière. C’est tout simplement impressionnant : des milliers d’oiseaux, des énormes éléphants de mer qui se baladent au milieu, des skuas prêts à se jeter sur le moindre manchot un peu faible. Le bruit est constant, l’odeur nauséabonde, c’est la jungle.

La manchotière La manchotière

Boule de plumes Boule de plumes

Éléphant de mer au top Éléphant de mer au top

Petrel géant dans la manchotière Petrel géant dans la manchotière

La manchotière, le Marion Dufresne et l'île de l'Est La manchotière, le Marion Dufresne et l'île de l'Est

Après une nouvelle journée d’OP sur le bateau, je suis appelé pour aider à ravitailler le refuge des rochers des moines !! Le but est de changer 7 touques (gros bidon bleu, water-proof et souris-proof) vides pour des pleines. Pas de cabane à cet endroit, juste deux grottes proches d’un petit plateau au milieu de pics rocheux. Le terrain est plein de mousse spongieuse, à chaque pas le pied d’enfonce de quelques centimètres. On est arrivé sous une averse de grêle, mais l’endroit vaut vraiment le détour.

Les rochers des moines depuis l'hélico. On s'est posé sur le plateau à gauche. Les rochers des moines depuis l'hélico. On s'est posé sur le plateau à gauche.

Déchargement des touques Déchargement des touques

Nous nous dirigeons maintenant vers l’est, direction l’archipel des Kerguelen.

L'île de l'Est L'île de l'Est

Détails de l'île de l'Est Détails de l'île de l'Est