Jérémie - AMS 68

Une année sur l'île d'Amsterdam

Formation à l'EOST

Lors de cette année sur Amsterdam, ma mission sera non seulement de gérer l’informatique de la base, mais aussi de réaliser des mesures du champ magnétique de la Terre et d’assurer l’envoi en temps réel des relevés sismologiques de la station. Le géomagnétisme et la sismologie ne faisant absolument pas partie de mon domaine, l’École et l’Observatoire des Sciences de la Terre (EOST) assure ma formation ainsi que celle des hivernants ayant le même poste que moi sur les autres districts. Les choses sérieuses commencent enfin !

Station du Welschbruch où nous sommes hébergés Station du Welschbruch où nous sommes hébergés

Sismologie

Chacune des bases subantarctiques et antarctiques possède une station géophysique faisant de l’acquisition en temps réel de données sismiques. Ces données sont transmises à l’EOST par le VSAT à destination de la communauté internationale et peuvent être utilisées dans le cadre de l’alerte au tsunami. Étant donné que les bases subantarctiques sont quasiment les seules couvrant cette région de l’océan Indien, il est primordial que les mesures soient disponibles le plus rapidement possible.

Au programme de la formation : description des différents équipements, chaîne d’acquisition, mécanique du sismomètre et lecture de sismographes ! Les données journalières ont besoin d’être vérifiées manuellement. Le but est non seulement de s’assurer du bon fonctionnement des équipements, mais aussi de pointer les séismes visibles sur le sismographe. Lorsqu’un séisme se produit, différents types d’ondes peuvent être observés. Ces ondes ont des vitesses de propagation différentes en fonction de leur forme et des milieux qu’elles traversent. Ainsi, l’onde que l’on observera en premier sur un sismographe sera une onde P (à condition de ne pas se trouver dans la zone d’ombre sismique), on observera plus tard l’onde S et enfin les ondes de surface. En pointant au minimum deux de ces ondes, il est possible, à partir d’un modèle de propagation, de déterminer l’origine géographique du séisme et l’heure à laquelle il a eu lieu. En recoupant les données de plusieurs stations, il est possible de déterminer l’heure et l’emplacement du séisme.

L'intérieur d'un sismomètre (STS-1) L'intérieur d'un sismomètre (STS-1)

Fait notable : les données du sismographe permettent aussi de détecter d’autres types de séismes… par exemple les essais nucléaires nord-coréens.

Magnétisme

L’observatoire géophysique possède également un variomètre mesurant la variation du champ magnétique terrestre, la mesure est une nouvelle fois transmise en temps réel à l’EOST par le VSAT. En plus d’enregistrer la variation du champ, il est aussi nécessaire de faire des mesures absolues. Cette mesure est faite à l’aide d’un théodolite. Les théodolites sont utilisés dans de nombreux domaines et servent à mesurer des angles très précisément. La lunette est fixée sur deux axes, chacun équipé d’un cercle gradué permettant la lecture des angles. Le théodolite que nous utilisons possède une sonde mesurant le champ magnétique dans l’axe de la lunette et est totalement amagnétique. L’idée est de faire des mesures dans plusieurs axes afin de retrouver toutes les composantes du champ magnétique au moment donné. L’EOST nous demande de faire une mesure par jour. L’électronicien est aussi formé à faire la mesure pour nous permettre de partir pendant plusieurs jours hors de la base.

Fin de ces trois premières semaines ! Maintenant, direction Brest pour deux semaines de formation et de séminaire à l’IPEV.